Matmata

Une tribu berbère - les Matmata - s'installa, voici long-temps, dans ces contreforts tourmentés el rudes. Elle donna son nom au village le plus étrange du pays.

Epars dans la vallée, oliviers. figuiers de Barbarie et palmiers jettent une ombre maigre mais bienvenue sur le sol aride. A l'approche de Matmata. vous franchirez une crête et redescendrez vers la bourgade, où un curieux spectacle vous attend: quasi lunaires, des cratères, creusés par l'homme dans un sol particulièrement meuble, accidentent le fond de la vallée. Et les parois de ces cratères, vous ne tarderez pas à le remarquer, sont truffées d'habitations.

Passez quelques heures sur place, et vous saisirez la raison d'être de ces «maisons en creux»: le soleil le plus accablant n'y pénètre pas! Les troglodytes de la première heure commencèrent par creuser des cavités et des galeries d'accès; puis vinrent des pièces d'habitation, avec des greniers, des étables, des resserres, des ateliers et même des salles assez grandes pour contenir un pressoir à huile actionné par un chameau. Ici, la température, été comme hiver, reste constante. Faut-il une chambre de plus, quelques étagères, un réservoir à huile? Armé d'un burin et d'une masse, le propriétaire à l'étroit n'a qu'à façonner la roche.

Devenue curiosité touristique, Matmata connaît une relative prospérité. Restaurants et boutiques de souvenirs y ont fait leur apparition, disputant le client aux loueurs de chameaux. Deux hôtels occupent des cratères désaffectés. On y a respecté le style local, mais les chambres souterraines possèdent... l'eau et l'électricité.