Les oasis

«Un coin de Paradis arraché à l'Enfer»: c'est ainsi qifun jour un poète des sables a défini l'oasis. Cernée de rocs dénudés, entourée de dunes, brûlante le jour et glaciale la nuit, cette tache fertile née du sable est plus qu'un simple point d'eau. Une longue patience et un travail acharné furent nécessaires pour faire «fleurir le désert». Chaque puits, chaque filet d'eau, convenablement exploité, permet d'abreuver le sol aride, de le fertiliser: et voici que grandit la palmeraie, dispensant une ombre bénéfique. D'abord nourris de dattes et de lait de chameau, les pionniers voient un beau jour pousser le grain, récoltent des figues, des abricots et même quelques légumes. Quelques années encore, et la petite tache verte se mue en un grand jardin luxuriant, où fleurs et arbres fruitiers côtoient les plants de légumes. C'est dans la palmeraie que bat le cœur du village. Le moindre déchet - y compris les déjections de chameau - retourne à la terre. Ici plus qu'ailleurs, rien ne doit se perdre: chaque pouce de terre arable portera ses fruits, à l'abri des palmes. Obéissant à cette implacable règle, les «oasiens» ont bâti leurs maisons sur les hautes terres, quittes à pâtir d'un soleil impitoyable.

Des immenses plantations de Gabès à la minuscule Nefta. tous les types d'oasis se retrouvent dans le Grand Sud. Aucun circuit dans cette région ne serait complet sans la visite d'au moins l'une de ces fraîches palmeraies.

Des excursions sont d'ailleurs régulièrement organisées au départ de Djerba et de Zarzis. voire depuis les stations du Nord (Hammamet. notamment). Vous préférez la découverte individuelle? Rien ne vous empêche de louer une voiture. les routes des oasis étant, généralement, excellentes.