Le sud tunisien et le désert

Voyager dans le désert, c'est avoir un bon aperçu de l'obstination humaine. Des sables mouvants, à l'infini, parcourus par des souffles brûlants, telle est l'image, en partie exacte, que l'on tend à se faire du Sahara. Ajoutons, pourtant, qu'il existe bien des endroits où l'homme a réussi à s'implanter, grâce à un mode de vie adapté à ce milieu inhospitalier.

Du désert, sur la carte, on ne discerne guère que le tracé des montagnes, des vallées asséchées et des «lacs» salés. Mais la quête de l'eau et la persévérance de l'homme y ont fait surgir des puits épars et quelques oasis, sources de vie. Ailleurs, subsister relève de la gageure. Fermé aux hommes, le Chott el Djf-Rin. le plus grand «lac» salé du Sahara, couvre ainsi près de 6000 kilomètres carrés, et il est cerné à l'ouest et au sud par le pays des ergs (dunes). Malheur aux téméraires osant défier cette immensité, ces masses mouvantes, indomptables, sans y être dûment préparés.

C'est en toute sécurité, en revanche, que vous rallierez, par de bonnes routes, Kébili, Douz, Tozeur et Nefta. Les individualistes pourront louer une voiture, et les autres, s'inscrire à un «circuit des oasis» préparé par diverses organisations de voyages. Pour explorer le Grand Sud, pays des ksour (pluriel de ksar) et des ghorfas, profitez des excursions en groupes (en Land-Rover ou en car): louer un véhicule tout terrain avec un guide et l'équipement requis - ce qui est très possible - grèverait sérieusement votre budget.