El Djem

L'arrivée à El Djem. par la grand-route, vous édifiera: impossible de rater l'amphithéâtre (IIIe siècle), orgueil de la cité. Surprenant spectacle qu'offre ce colosse circulaire surgissant au beau milieu de la route rec-tiligne, et visible des quatre points cardinaux! Jeux cruels et affrontements sans merci ensanglantèrent à maintes reprises ce colisée maghrébin, l'un des plus vastes de l'Empire romain. Pendant des siècles, rebelles et conspirateurs y trouvèrent refuge, le transformant en camp retranché quand la situation le réclamait. Ulcéré par ces défis répétés à l'autorité ottomane, un bey démantela partiellement l'amphithéâtre à la fin du XVIIe siècle. Ce saccage eut au moins une conséquence heureuse: éventré. le colosse de pierre dévoile depuis tous ses secrets, exhibant arches et escaliers, arcs-bou-tants et salles souterraines d'une grande complexité.

Ville active et opulente du temps de Rome, El Djem était alors quatre fois plus étendu qu'aujourd'hui. De fort belles mosaïques, conservées au petit musée local (à la sortie de la ville, en direction de Sfax), témoignent de sa prospérité perdue. D'étonnantes compositions mettent en scène lions et tigres, coquillages, paons et oiseaux exotiques: la plus achevée, peut-être, représente Dionysos chevauchant une ti-gresse. Notez la profusion de motifs géométriques, volutes et thèmes floraux, propres à cette collection.

Soixante-quatre kilomètres séparent El Djem de Sfax. important centre industriel et commercial. Deuxième métropole du pays (après Tunis), jette ville-étape, sans grand intérêt touristique, ne retiendra guère que les visiteurs harassés... ou affamés. Les autres poursuivront leur roule vers les Jélices de Djerba ou vers les mirages du désert.