Houmt Souk

La «capitale» de l'île évoque irrésistiblement un gros bourg. Sous l'impulsion du tourisme, banques et compagnies aériennes, agences de voyages et loueurs de voitures s'y sont néanmoins installés, aux côtés des petits boutiquiers.

En bordure de l'agglomération, sur la route menant à la zone hôtelière, le musée des Arts et Traditions populaires, petit mais très beau, occupe l'ancienne zaouïa de Sidi Zi-

Les fantômes du musée C'est au koubel el Khiâi (dôme des Fantômes), l'une des salles du musée cf Houmt Souk, que repose, dit-on. Sidi Zitouni. le «saint homme de la zaouïa>>. Si l'on en croit la légende, de pieux musulmans venaient jadis y prier, suppliant Sidi Zitouni de leur trouver une épouse parmi les génies des lieux. Plongé dans l'obscurité, le prétendant passait la nuit à réciter les versets du Coran, attendant que le saint intercédai en sa faveur auprès d'une «dame génie». L'affaire demandait du courage: sans relâche, esprits malins el fantômes assaillaient le requérant pour le détourner de ses dévotions. Mais celui qui parvenait à leur résister voyait, au point du jour, apparaître sa «fiancée génie».

Doués d'invisibilité, les enfants nés de cette union «extraterrestre» vivraient parmi les hommes, à finsu de tous. Dommage qu'aucune statistique démographique ne puisse dénombrer tous les petits génies conçus en ces lieux hantés!

pose dos objets usuels. Des bijoux anciens, des poteries, des meubles et des sculptures sur bois attestent l'habileté des artisans djerbiens, et des corans manuscrits témoignent de leur piété. La zaouia proprement dite consiste en un agrégat de petites salles, celle-ci avec de beaux plafonds en stuc, telle autre décorée de faïences vernissées. Le musée est ouvert tous les jours sauf le vendredi. Au nord de la ville, sur la côte, le Bordj el Kébir (grand fort), construit au XVe siècle (et récemment restauré), assura à des. espagnoles et ottomanes. cette puissante forteresse vécut des heures dramatiques: en 1560, des corsaires barbares-ques fondirent sur la place forte et massacrèrent ses défenseurs espagnols. Comble de cruauté, ils firent construire une pyramide avec les crânes prélevés sur les cadavres. L'horrible «monument» terrorisa les insulaires pendant près de trois siècles; un bey de Tunis le fit démanteler en 1848, au grand soulagement de la population.

Déambuler dans le centre d'Houmt Souk ne manque pas de charme. Dans le dédale des souks, sur les places de marché. s'amoncellent les marchandises et les inévitables «souvenirs». Comme ailleurs, la spécialisation tend à disparaître: quelques rues se consacrent encore aux bijoux, aux tapis ou aux articles de maroquinerie, mais la plupart des marchands optent désormais pour le style bazar.

En cours de promenade, une halte s'impose. Choisissez une terrasse de café - chaque place en a au moins une - et regardez autour de vous: le spectacle est dans la rue.

Et si vous exploriez maintenant les vrais marchés djerbiens? Haut en couleur, le marché municipal mérite un détour; arrêtez-vous donc quelques minutes au stand de l'Office National des Pêches. Restaurateurs et ménagères s'y pressent tous les après-midi pour la vente à la criée: pour qui ce tendre poulpe, ce gros quartier de thon, cette superbe daurade? Le crieur s'époumone à faire son numéro, les enchères montent, et chacun d'épier jalousement le voisin...

Formant une toile de fond on ne peut plus appropriée, des panneaux de céramique, richement colores, représentent des scènes nautiques. Vous remarquerez çà et là, au marché, d'autres curiosités: ainsi, les lourdes meules de granit, burinées de sillons, utilisées autre-lois dans quelque m OU lin a grain ou à huile.