Le folklore tunisien

En Tunisie, le spectacle est dans la rue: maisonnettes immaculées grillagées de bleu, costumes chamarrés, voix du muezzin appelant à la prière, tout concourt au dépaysement. En ville, la djellaba l'emporte encore sur la cravate. Lorsque la température fraîchit, un burnous de laine, passé sur l'ample robe, fait office d'imperméable, de manteau et même... de sac de couchage. Et si quelques vieux artisans ou marchands portent toujours le tarbouch (fez) rouge à pompon, la population mâle préfère aujourd'hui la simple chéchia de feutre rouge. Pour donner plus d'allure à leur couvre-chef, les Tunisiens l'entourent parfois d'une écharpe.

Les atours féminins vous surprendront par leur richesse et par leur complexité. Il faut voir les jeunes épouses, le jour de leur mariage, troquer le drap (sa/série) et le voile (haïk) de tous les jours contre une parure éblouissante. Revêtue de jupes de soie et de tissus brodés d'or et d'argent, la mariée apparaît couverte de bijoux et incroyablement frêle. Sous le poids de ses bagues, bracelets, colliers, broches et ceintures, on s'attendrait à la voir chanceler...

Traditionnellement célébrées après la moisson, les noces peuvent durer une bonne semaine, parents et amis sillonnant les rues de la ville en de joyeux cortèges. Le moins heureux n'est pas le parfumeur local: en quelques jours, il épuisera son stock de henné, poudre écarlate qui embellira les mains des jeunes épouses.